_________J'ouvre un oeil, jette un regard rapide vers le réveil: huit heures. Je me lève doucement, m'étire quelque peu, et me met sur pied. Je soupire d'aise, cela fait des semaines que je n'ai pas aussi bien dormi, avant l'accident à vrai dire. Je me dirige vers la cuisine, j'ai très envie de tartines de beurre et de confiture. Vous allez me dire : pourquoi de la confiture ?Tout simplement parce que le nutella, c'est que quand je suis maussade or en ce moment je suis heureux. Je sifflote un air, Sweet about me, de Gabrielle Cilmi je crois. Je saute la dernière marche en chantant un peu plus fort mais au seuil de la pièce, je m'arrête subitement et ma bonne humeur disparaît immédiatement. Les garçons sont déjà là, assis autour de la table et ils chuchotent doucement, un air de conspiration sur leurs visages. Je soupire, cette fois de mécontentement. Je passe devant eux, ayant pris soin de revêtir mon masque d'indifférence et de froideur sur mon visage juste avant. Je prends très rapidement une brioche et un verre de jus d'orange, tant pis pour les tartines...Je m'apprête à remonter et à regagner mon antre aussi vite que j'en suis sortie quand j'entends :
« Bill...On a quelque chose à te dire. »
Mince, coincé. Je me retourne, comme pris sur le fait, je les observe un instant , puis me décide à revenir vers eux. Ils baissent la tête, comme honteux, de quoi je ne sais pas ,mais quelque chose me dit que je vais le savoir dans quelques minutes. Je pose mon verre sur la table et m'assieds, tranquillement, du moins, créant l'illusion que je suis tranquille, mais intérieurement j'ai très peur de ce qu'ils vont me dire. Néanmoins le regard apaisant de Georg à mon égard me rassure un peu. Je fais mine de soupirer d'indifférence et leur demande, nonchalant, ce qu'ils veulent. Leurs bols de café les intéressent maintenant d'avantage et je les entends avaler difficilement leur salive. Je patiente, mais apparemment, aucun d'entre eux ne veut m'avouer la raison de cette interpellation. Soudain, Gustav lève la tête, semble rassembler son courage et me dit dans un souffle une phrase qui ressemble plus à un murmure qu'autre chose :
« Bill, nous sommes désolés pour tout ce qu'on a pu te faire endurer depuis ces six dernières semaines... »
Il rebaisse la tête, et moi je ne sais plus quoi penser. Je suis surpris, tellement surpris...Mais dans le bon sens. Tournant la tête vers Georg, je vois un sourire satisfait s'installer sur son visage. Ils leurs a parlé...Je lui adresse un signe de la tête en guise de remerciements, je ne sais pas comment décrire le sentiment que ressent en ce moment là, peut-être de la joie. Gustav reprend, plus assuré cette fois, mais Tom semble toujours absorbé par son bol , je feins de ne pas le voir, après tout c'est déjà un début, que Gustav essaie de parler. Celui-ci m'avoue :« Ca été très dur de te comprendre depuis... »
Il n'arrive pas à prononcer le mot, un masque de douleur s'inscrit sur son visage. Je le dit pour l'épargner, je lui dois bien ça :
« L'accident .
-Oui ,l'accident, me sourit-il ,reconnaissant, On ne savait pas comment se la jouer avec toi...S'il fallait continuer à rire comme avant, ou si te laisser un peu souffler. Je pense maintenant que la solution une aurait été plus dans adéquat...
-Non Gustav, me considérer à l'égal de vous, comme avant, c'était ça qu'il aurait fallu faire dès le début. Je ne suis pas fragile, même si mon visage vous fait dire le contraire...Je suis toujours Bill, votre Bill. Je suis toujours le mec avec qui vous avez fait des tournées, celui vous connaît depuis Devilish, un ami, mais aussi un frère. »
J'achève ma phrase en insistant sur le mot frère, en fixant Tom, celui ne lève toujours pas la tête. Cela m'attriste un peu, je veux le faire réagir, qu'il me fasse face. Alors je l'apostrophe :
« Tom ! C'est à toi que je parle !!!, me mets-je à hurler, pourquoi tu ne me regarde pas ?! Je veux que tu lèves ta tête !! Fais moi face un peu !!C'est toi le grand frère, montres moi que tu es là !!Que tu peux comprendre, pas compatir, juste comprendre !! C'est toi l'aîné, et tu fais quoi ?! Rien !!! Tu ne sais pas quoi faire !!! Tu es con ou quoi ?!! »
Il me fixe, retenant ses larmes, je crois que je suis allé loin, trop loin....Il se lève de table et s'enfuit précipitamment vers sa chambre. Je n'ai jamais attaqué son statut de frère aîné. Je regrette aussitôt mes paroles, j'esquisse un mouvement de la bouche, voulant m'excuser, mais Georg m'arrête tout de suite :
« Bill, je crois que tu lui as déjà assez dit qu'il était pas comme tu le voudrais. Lâches le maintenant. » Je n'écoute pas ce qu'il vient de dire, je veux juste voir mon frère. Je monte les escaliers quatre par quatre, réfléchissant au moyen de m'excuser. Sa porte est fermée, je frappe doucement, aucune réponse. Je lui murmure à travers la porte :
« Tommy...Je voudrais te parler...Je sais que je n'aurais pas dû te jeter comme ça tout à l'heure...Tu voudrais me laisser entrer ? »
J'entends un grognement étouffé, ce que je déduis pour un non. Je soupire, comme s'il allait me laisser entrer avec ce que je viens de lui balancer à la figure. Puis mon oreille perçoit un sanglot étouffé. Alors je retente quelques paroles, même si je sais que c'est inutile :
« Tom...Je sais que je t'en ai fais voir de toutes les couleurs ces dernières semaines...Mais s'il te plait ouvres-moi...Je voudrais m'expliquer, ouvres moi...S'il te plait...Tommy... »
Je me laisse glisser contre la porte, je me sens mal...très mal. Je l'ai blessé, je le sais aux pleurs silencieux et à l' étrange oppression que je ressens aux niveau de la poitrine. Je sais que lui aussi la ressent...elle vient de lui. Je gît dans cette position depuis quelques dizaines de minutes quand j'entends un cliquetis de serrure, il m'ouvre. Je me relève doucement, contemple ses yeux rougis. Il m'observe lui aussi, je ressens immédiatement une gêne ,je n'aime plus être regarder depuis l'accident. Je détourne mon regard, une larme roule sur ma joue, rien ne peut l'arrêter, elle est déjà à la moitié de ma joue. Depuis l'accident...Il s'est passé tellement de choses depuis cet affreux moment. Des souvenirs resurgissent : Tom et moi à Noël, autour du sapin, il y a deux ans, se promettant de ne jamais se faire de mal après la dispute entre Andréas et sa copine. Une promesse fraternelle que j'ai rompu...Cela me fait mal de penser que j'ai trahi mon frère en le traitant comme ça...Mes pleurs augmentent, je ne les contrôle plus. Un râle s'échappe de ma bouche, je ne peux pas l'empêcher de sortir, c'est nerveux je crois. Mes larmes ne s'arrêtent plus, je renifle bruyamment mais je n'ose toujours pas croiser son regard. Quelques instants passent...je sens ensuite une main douce et calleuse me remonter le menton. Je ne bronche pas et me laisse faire, j'ai tellement besoin de gestes tendres en ce moment...Il me relève la tête et la place face à la sienne, de façons que nos yeux puissent se fixer. Je n'en ai pas envie, je ne veux pas voir l'air de compassion qu'il arbore toujours, alors je lutte, j'essaie de rebaisser la tête, de ne pas croiser son regard. Il pousse un soupir triste, je pèse le pour et le contre. Cette conversation finira t-elle comme les autres ? Si c'est le cas, je ne veux même pas essayer.
(A suivre...)
Jl'aime bien, j'aime beaucoup décrire la vie à travers ls yeux de Bill...
Désolée de couper ici mais je trouve que c'est mieux.
Bizz à vous, je voudrais pleins d'avis(objectifs) qui me disent ce qui va pas.
A bientôt.
Ps: Le prochain chapitre est hors ligne, alors vous savez ce qui vous reste à faire!
