"Bill....
Ouvre moi s'il te plait.."Je ne répond pas,
Il ne s'y habitue toujours pas..
Moi non plus...
Il y quelques semaines,
Cinq pour être précis,
J'étais encore sur scène,
J'étais encore Bill Kaulitz,
Du célèbre groupe Tokio Hotel,
Chanteur de rock au teint et à la voix parfaite,
J'étais tout simplement un des plus beaux hommes du monde,
Un des chanteurs les plus adulés de la Terre...
Dans un groupe des plus talentueux depuis Abba et les Roling Stones,
Considéré comme tel depuis les nombreuses nominations au MTV awards,
NRJ music award et j'en passe...
Vous me trouvez narcissique?
Et bien,
Vous ne devriez pas,
Parce que j'ai réussi ma vie,
Et j'ai le droit d'en être fière...
Du moins,
J'avais réussi ma vie...
A ce brusque retour à la réalité,
Je soupire,
Soupir qui se transforme,
Peut-être pas malgrès moi,
En un gémissement,
Une longue plainte,
Qui se poursuit,
Dans l'aube déjà éclatante du matin...
Je me poste près de la fenètre,
Essayant de sentir la chaleur des rayons sur mon visage,
Plutôt de ma face,
Défigurée,
Car avec une énorme balafre,
Je soupire encore,
Je ne veux pas y penser,
Je ne veux plus...
Du moins,pas pour le moment...
Je me concentre pour avoir un point de chaleur ,
Qui peut-être,
Puisse me redonner envie d'avancer...
Envie de me battre.
Oui,
Je n'ai plus très envie d'avancer...
Même la musique ne me console pas
Qui l'aurait cru?
Le grand Bill Kaulitz n'a plus envie de chanter...
Tom me tire encore une fois de mes songes,
Il me murmure,d'une voix suppliante,
Celle que j'entend depuis maintenant trois semaines:
"Ouvre cette porte...
Ce n'est pas comme ca que tu arriveras à te reconstruire..."Je soupire,
Et puis,pris d'une étrange fureur
J'aboie,tel un fou:
"Je ne veux pas me reconstruire!!
Tu as brisé ma vie,à moi de te briser la tienne!"Je reprend mon souffle,
Ma cicatrice me tire,
Je me calme,
Ca fait du bien de lui avoir dit ce que je pensais...
Je distingue peu après nettement des sanglots se faire entendre,
Il pleure?
J'ai réussi?
J'ai réussi à lui faire aussi mal que lui m'a fait mal?
Un sourire alègre de bohneur s'étire sur mes lèvres déformées,
Pour la première fois depuis trois semaines,
Je suis heureux.
Hereux de quoi?
De l'avoir bléssé,
Au plus profond de son âme,
Je ressens même le regret se mélanger aux chagrin,
Dans son coeur,
Je percois tout les sentiments,
Et cela me rend heureux...
Vous me prenez pour une monstre?
Eh bien,c'est ce que je suis maintenant...
Je suis devenu un monstre,
Aussi bien à l'état psychique que physique,
Et tout cela à cause de lui....
Oui,
A cause de
lui...
Car c'est lui qui conduisait le van ce jour-là,
Apparament il n'était pas frais,
Même pour ne pas vous mentir,
Il était bourré,
Saturé en alcool.
Et il a absolument voulu conduire,
Il a laissé Saki sur le trottoir,
Car après tout,
C'était lui le
grand frère...
Alors il s'est mis au volant,
Il a actionné le moteur,
Enlevé la marche arrière,
Et nous a tous emportés pour nous ramener chez nous,
J'hurlais dans le van,
Je n'étais pas rond,
Moi.Et je savais que quelque chose allait arriver,
Je m'époumonais,
Cela l'amusait,
Lui.
Gustav et Georg me regardait d'un air inquiet,
Ils n'étaient pas bourrés,
Eux.
Sauf qu'il étaient attaché,
Eux...Tom a raté un virage,
Je me rapelle lui avoir hurlé:
"Voilà ce que tu as fait!!!"Avant d'être éjecté du van....
Et me voilà ici,
Dans cette appartement grand luxe,
A regarder les fans derrière les rideaux pour ne pas qu'elles m'appercoivent,
A ruminer toute ma haine envers Tom,
Mon jumeau,
L'être que j'aime le plus au monde,
Rectification,
Que
j'aimais le plus au monde..
Car maintenant c'est une haine grandissante qui s'installe en moi,
Haineux à cause de ce qu'il a fait,
Mais haineux aussi,
Car il n'a même pas été capable de me l'avouer tout seul,
Je lui en veut pour tout ca,
Et je ne pense pas que mes sentiments hostiles s'atténueront comme ca ,
Même avec le temps,
Même avec les larmes qu'il verse,
De l'autre côté de la porte...
Je suis trop atteint pour êtere en mesure de pardonner...
Il faudrait un miracle pour que ce soit le cas.
[...]
J'ai
faim,
Cela me contrarit,
Je vais devoir aller au dehirs de cette maudite chambre,
Dans cette maudite cuisine,
Voir ces maudites personnes,
Qui me regarderont encore avec tout cette maudite pitié,
Ce maudit petit sourire compatissant,
Ne comprennant toujours pas que je deteste leur air...
J'ouvre discrètement la porte,
Tom est parti,
Tant mieux,
Cela me fera des vacances...
Je me glisse tout doucement dans le couloir,
Prenant soin de refermer,
Sans claquer la porte,
Ne laisser aucun signe,
Ne faire aucun bruit,
Pour ne pas qu'il s'appercoivent que je suis là..
J'atteins la cuisine,
Je suis soulagé,
Personne ne m'a vu,
Je crois qu'ils ne sont pas là,
Tant mieux...
Je me sers un verre de lait,
J'adore le lait...
Je prend aussi un des nombreux sandwichs que les garcons me préparent tout les jours,
De toutes facons,
Je ne mange plus avec eux...
Je ne m'attarde pas dans la cuisine,
J'ai peur de me retrouver nez à nez avec eux...
Eux,
Moi,
Un monde entier nous sépare maintenant...
Je soupire,
Ne faisant pas attention à ce qui m'entoure,
Ma tête me tourne,
Je regagne tant bienque mal ma chambre,
Je dévore mon sandwich,
Encore une crise de tension,
Je resoupire,
Quand tout cela va-t-il s'arréter?Je finis mon verre,
Me laissant comme à chaque fois,
Une moustache blanche,
Et je vais me coucher,
Pour oublier...
[...]
Nous avons une interview,
Je n'irais pas,
Tom essaie pourtant de m'y faire aller...
Il m'exaspère,
Pendant toute la matinée,
Il a argumenté sur son désir de m'y emmener,
Mais je reste impassible,
Je ne veux pas y aller,
Et je n'irais pas,
C'est tout.Je l'entend me parler,
De l'autre côté de la porte,
Je le laisse débattre sur un sujet déjà clos,
Je m'en fiche de toutes facons,
Qu'il soit là ou ailleurs,
Cela ne change rien...
Et puis...
D'un coup,
Une forme de haine s'empare à nouveau de moi,
J'ouvre violament la porte,
Il sursaute ,
Il me fait un sourire,
Sourie qui se transforme vite en grimace,
Je le regarde méchamment,
J'ai envie de le frapper,
Ce que je fais une minute plus tard,
Je lui met une giffle,
Une seule,Mais assez puissante pour le déstabiliser ,
Alors je le fais trébucher,
Il tombe mollement sur le sol dur du couloir,
Je souris,
Je suis heureux,
J'ai réussi à l'atteindre physiquement,
Un sourire sadique,
Pervers même se dessine sur ma bouche,
Je lui tourne le dos,
Voyant quand même son expression hébétée,
Bléssé,Ca y est ,
Je l'ai bléssé,
Nous sommes quite,
Ca me fait du bien de le savoir,
Je vais enfin pouvoir repartir sur de bonnes bases avec lui...
Je réouvre la porte,
Je lui annonce gaiement:
"A quelle heure est cette interview?"Un sourire s'étend sur ses lèvres,
Il a compris,
Après tout,
C'est mon jumeau...